Le travail du photographe Tim Hetherington célébré à Sundance

On April 20, 2011, photojournalist Tim Hetherington was killed whilst working in Misrata, Libya, covering the events of the bloody conflict. British photojournalist and filmmaker Tim Hetherington photographed on the last day of 'Operation Rock Avalanche' on October 25, 2007 at the Korengal Valley, East Afghanistan. Photo: Balazs Gardi“Il ne s’est jamais dérobé”, dit de lui son ami Sebastian Junger. Le photographe Tim Hetherington, décédé en 2011 alors qu’il couvrait la rébellion en Libye, est célébré à Sundance, où un film retrace le parcours humain et professionnel d’un grand “faiseur d’images”.

Présenté hors compétition, “Which way is the front line from here? The life and time of Tim Hetherington”, de Sebastian Junger, avec qui le photographe avait réalisé “Restrepo”, a reçu le grand prix du documentaire à Sundance en 2010.

Le film, produit par la chaîne américaine HBO, suit la formation et la carrière de dix ans du photographe britannique, de ses premiers clichés de guerre au Liberia au 20 avril 2011 jusqu’à ce qu’il trouve la mort à Misrata à l’âge de 40 ans avec le photographe Chris Hondros, victimes d’un tir de mortier.

Né à Liverpool, Tim Hetherington avait étudié la littérature à l’Université d’Oxford avant de se consacrer au photojournalisme. Il vécut et travailla plusieurs années en Afrique, où il fut le seul photographe à vivre derrière les lignes rebelles pendant la guerre civile au Liberia en 2003.

Tim Hetherington était aussi vidéaste et le film utilise largement ses images –fixes ou animées–, notamment de ses derniers jours.

“Tim avait abondamment filmé les derniers jours de sa vie avec une caméra vidéo, et ses images sont devenues le point de départ” du documentaire, explique Sebastian Junger dans sa note de présentation.

“De plus en plus de journalistes meurent dans les zones de conflit et leurs morts sont de plus en plus documentées car tout le monde, apparemment –même les combattants rebelles– a des caméra vidéo”, observe-t-il.

“La tragédie de la mort de mon ami, ai-je pensé, pourrait peut-être informer les journalistes et le grand public des risques du métier”, ajoute-t-il.

Le film offre aussi des entretiens avec des amis et proches de Tim Hetherington, notamment le photographe James Brabazon, avec qui il fit ses premières armes au Liberia, et qui souligne le talent égal de son ami pour la photographie et le documentaire filmé.

Sebastian Junger estime lui aussi que “sa grande valeur, en tant qu’artiste, était sa capacité à combiner de multiples médiums et à transcender les limites de sa profession. Lui-même refusait de se définir comme +photographe+, lui préférant le terme plus ambigu de +faiseur d’images+”, écrit-il.

Tim Hetherington avait atteint une renommée mondiale et la reconnaissance définitive de ses pairs avec son travail en Afghanistan, dont il avait tiré un livre de photos et le documentaire “Restrepo”. Ses clichés lui avaient valu en 2007 le World Press Photo Award.

Une sélection de ses photos est d’ailleurs exposée à la Julie Nester Gallery jusqu’à la fin du mois, à Park City (Utah, ouest des Etats-Unis), où se tient le festival de Sundance jusqu’à dimanche.

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