Une plongée dans la vie quotidienne du Congo

La crise sanitaire mondiale et l’urgente nécessité d’entendre des voix africaines témoigner des réalités locales ont incité le lauréat de la 11e édition, Finbarr O’Reilly, et l’équipe du Prix Carmignac du photojournalisme à créer « Congo in Conversation » : un reportage collaboratif en ligne, réalisé en coopération étroite avec des journalistes et photographes congolais basés dans diverses villes de la République démocratique du Congo. C’est la vie dramatique, mais aussi riche et passionnante d’un grand pays africain durant la pandémie qui surgit ainsi chaque jour à travers des photos, des vidéos et des articles publiés sur ce nouveau site dédié et partagés sur les réseaux sociaux.

“On a débuté ces échanges pendant la pandémie, indique ­Finbarr O’­Reilly, on a documenté comment ce phénomène mondial a marqué la vie des ­Congolais, par exemple comment les ‘sapeurs’ ont fait de quelque chose de négatif, l’obligation de se masquer, un accessoire en plus de leur panoplie, dans une démarche positive. Les ­conflits ne sont pas ignorés, mais on voulait montrer une image plus complexe, avec plus de nuances.”

Santé, confinement, économie informelle, production artistique, entreprises, difficultés d’accès à l’eau, mais aussi attaques des milices armées, atteintes aux droits humains et environnement : en détaillant les réalités souvent cruelles et les gigantesques défis qu’affronte le Congo, ces reportages dessinent son présent et son avenir avec des faits concrets, des images fortes et un optimisme prudent.

Plus de la moitié sont des contributrices, journalistes, photographes et réalisatrices qui documentent l’économie locale, la religion, l’absence d’électricité, l’insécurité mais aussi les salons de coiffure, la stigmatisation de la menstruation ou les rapports entre la colonisation et la notion de beauté en Afrique.

­Bernadette ­Vivuya, 31 ans, réalisatrice et photographe, s’est intéressée à des jeunes de Goma, sa ville, dont les écoles étaient fermées et qui se sont fabriqué un billard de fortune avec des planches recyclées et des billes d’engrenage. Et d’expliquer : “J’ai voulu documenter l’optimisme des gens, au jour le jour, et montrer leur créativité au quotidien.”

Bernadette ­Vivuya

« Congo in Conversation » est une première dans l’histoire du Prix Carmignac du photojournalisme en temps réel. Ce reportage collaboratif nous donne une image aussi diverse que nuancée de la vie en RDC, exposée à sa manière mais comme nous tous à une crise sans précédent.

Une balade loin des clichés empreints de violence que l’on associe à ce pays en proie à des ­conflits armés.

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