Jean-François Leroy condamne le cliché de Strauss-Kahn menotté

Fin connaisseur de l’impact de l’image sur les consciences, le directeur du festival international Visa pour l’Image de Perpignan, Jean-François Leroy, s’offusque de la publication en chaîne du cliché accusateur de Dominique Strauss-Kahn. La photographie d’une personnalité, pressentie comme possible Président de la République française, vulgairement menottée, pose la question de la diffusion d’images à l’échelle planétaire.

L’incarcération de Dominique Strauss-Kahn comporte l’intervention d’un spécialiste en image. Alors que plusieursclichés et vidéos de l’inculpé, menotté, circulent sur Internet et dans la presse papier, le directeur du festival international du photojournalisme Visa pour l’Image de Perpignan, Jean-François Leroy, juge la photographie principale “dévastatrice pour lui”. Le fonctionnement de la justice américaine, qui permet de présenter un prévenu en situation dégradante, au mépris de la présomption d’innocence, est cependant semblable en Espagne, où les images d’inculpés sont diffusées par la presse avant la tenue des procès.

Cette caractéristique suscite régulièrement des interrogations au sein de notre propre rédaction, amenée à travailler au quotidien sur un territoire international. Pour M. Leroy, qui s’est exprimé ce lundi auprès de l’Agence France Presse au sujet de ladite photo, “l’utiliser c’est le condamner un peu vite”.

Ce cliché accusateur et ses variantes placent une haute personnalité au rang de criminel, et froissent sans doute l’image de la France dans le monde. Il s’agit cependant de l’oeuvre de professionnels, au nombre de 200, parfaitement autorisés à accomplir leur métier.

Le défi qui se pose ainsi à M. Leroy, partisan de montrer le monde tel qu’il est, à l’occasion des éditions de Visa pour l’Image, à Perpignan, devient celui de l’universalisation de l’image, aidée par l’immédiateté suggérée par les technologies. La production de clichés, dans un territoire donné, devient alors problématique selon les territoires de diffusion. Il conviendrait ainsi de montrer le monde tel qu’il est, mais pas à tout le monde.

Source : http://www.la-clau.net

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1 Comment

  1. Malgré le fait que je trouve l\’histoire trop rocambolesque pour être si simple qu\’elle ne semble l\’être, et son timing trop chanceux pour nombre de ses ennemis pour être une totale coïncidence, je ne suis pas forcément super réceptif aux arguments évoqués, quant au caractère dégradant des photos.

    On s\’offusque des procédés américains, pour autant, en France, il se passe exactement la même chose, AU DETAIL PRES que le prévenu a généralement un blouson tout crado ou n\’importe quoi d\’autre sur le visage pour préserver son anonymat pour son futur retour à la vie civile.

    Dans la mesure où tout le monde sait AVANT MÊME les images qu\’il s\’agit de DSK, à quoi bon l\’affubler d\’une doudoune miteuse sur la tronche alors qu\’on sait très bien qui est en dessous ? M\’est d\’avis qu\’il aurait eu l\’air encore plus con avec, et que ça n\’aurait pas été préférable à la version équivalente à visage découvert.

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