Magnum vend ses archives

Plus d’un demi-siècle d’images, de la guerre civile espagnole saisie par Capa à l’avant-dernière décennie (les plus récentes sont de 1998) : des témoignages historiques signés de certains des plus grands photo-journalistes: Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, Elliott Erwitt, Rene Burri, Dennis Stock, photographiant Picasso, Marilyn Monroe, ou encore Gandhi.

Robert Capa – PIcasso

La numérisation des images de Magnum avait été entamée dans les années 90 et une vente fut décidée en 2006: se défaire de ces archives et réinventer Magnum. C’est ainsi que les images furent vendues à la société d’investissement de Michael S. Dell, magnat de l’informatique. Les nouveaux propriétaires ont ensuite passé un accord avec l’Université du Texas, à Austin: les clichés pourront être étudiés et admirés pendant au moins cinq ans; c’est la première fois depuis des années qu’ils sont ainsi accessibles aux universitaires et au public.

Thomas F. Staley, directeur du Ransom Center où les images se trouveront, prévoit de numériser chaque image pour entamer des recherches et planifier des expositions. Moins de la moitié du stock est pour l’instant numérisée.

Cette vente, dont le prix n’a pas été dévoilé mais qui pourrait s’élever à une centaine de millions de dollars selon une source anonyme du New York Times, pourrait permettre à Magnum de se redresser un peu. Comme beaucoup d’autres agences photo, Magnum a vu sa fortune diminuer au fil des ans, à cause de la situation difficile de la presse et des alternatives au photojournalisme (vidéo d’un côté, photographes amateurs de l’autre).

«Etant données les évolutions technologiques qui révolutionnent le monde de la photographie, notamment la numérisation des images, une telle collection d’images imprimées n’existera plus jamais», commente l’un des membres de MSD.


Source : www.slate.fr

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1 Comment

  1. Carrément ! La fin de l\’article soulève exactement LE gros problème d\’aujourd\’hui. Néanmoins, je suis confiant : tout est toujours question de cycles, et d\’oscillations d\’un extrême à l\’autre. L\’information \”poubelle\” gratuite actuelle, avec le journaliste scotché à Google et l\’AFP, sans investigation, sans analyse, sans (photo)reportage (et sans recoupement, mais c\’est un autre débat), finira par lasser au moins une frange de la population.
    La sensibilisation à la nécessité d\’une information payante et de qualité a déjà commencé depuis quelques temps ; on en parle de plus en plus, ça débat à la télévision à ce sujet, c\’est positif. Si ça peut ainsi garantir la survie du vénérable modèle tel que défendu par des agences telles que Magnum, au moins dans un premier temps dans un mode \”dégradé\” en se retranchant sur Internet pour limiter les coûts, avant de re-paraître dans la Lumière, alors ça sera tout bon.
    J\’y crois, personnellement.

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