Goran Tomasevic, photographe de l’année 2013

Alors que la liberté d’information demeure très limitée dans ces pays livrés à la violence et aux tensions politiques, The Guardian récompense un des photographes qui fournissent au monde les images nécessaires à sa compréhension. Cette année c’est Goran Tomasevic qui est distingué, en particulier pour son travail en Syrie et sur l’attaque du Westgate, un centre commercial de Nairobi, où il se trouvait au cœur de l’action.

En septembre dernier, Tomasevic était invité par le prestigieux festival Visa pour l’Image, les Oscars pour les photojournalistes. Son exposition regroupait certains des ses clichés les plus forts sur le conflit syrien.

Toujours situé au plus près des événements, Goran Tomasevic emmène les lecteurs en première ligne aux côtés des anti-Bachar Al-Assad ou parmi les cibles de l’attentat au Kenya. Mais il promène également son regard dans des moments de vie quotidienne, traditionnelle ou religieuse, dans la campagne sud-soudanaise ou encore en Éthiopie. Dans la quiétude ou dans l’agitation des combats, le photographe serbe s’évertue à répondre à un double objectif, informatif et artistique, qu’a certainement dû apprécier le quotidien britannique.

 Goran Tomasevic / Reuters/REUTERS
Dans la ville d’Abyei, le 28 octobre 2013, cette femme s’apprête à voter. Il s’agit d’un referendum . La région, isolée et à l’écart, est appelée à décider de son rattachement au Soudan du Sud ou au Soudan du Nord. Crédits photo : © Goran Tomasevic / Reuters/REUTERS

Né à Belgrade en 1969, Goran Tomasevic a débuté en 1991 dans le quotidien national Politika, avant de se faire un nom à l’échelle internationale au moment de la guerre au Kosovo. Lors des bombardements de Pristina par l’OTAN en 1999, il faisait partie des rares journalistes sur place. Présent en Irak lors de la traque de Saddam Hussein, son cliché d’opposants renversant une statue du dictateur a fait le tour des rédactions du monde entier.

Israël, Égypte, Congo, Cachemire, Mozambique, Afghanistan, Libye, le photojournaliste reste au plus près de toutes les zones de tensions. Ses compétences s’expriment sur tous les terrains, malgré les circonstances propres à chaque pays qu’il parcourt. Des scènes de guerres les plus choquantes à des événements plus festifs comme les Jeux olympiques de Sydney en 2000, il arrive à chaque à fois à en capter les instants.

C’est cette capacité d’adaptation qui lui a notamment permis d’être distingué à plusieurs reprises comme un photographe de talent. Photographe de l’année pour Reuters en 2003, 2005 et 2011, lauréat du China International Press Photo (CHIPP) en 2004 et 2011, prix d’excellence au SOPA Award en 2009, les honneurs se multiplient. Il remporte le premier prix dans la catégorie «Spot News Stories» pour une photo de rebelles syriens, tirée d’une série datée du 13 janvier 2013 au World Press Photo 2014. Cette nouvelle consécration de la part du Guardian s’y ajoute naturellement.

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