Photojournalisme : les lauréats du Prix Carmignac exposés à Paris

Le Prix Carmignac du Photojournalisme met en avant, chaque année depuis 2009, une ou plusieurs séries photo de journalistes qui tirent le signal d’alarme à propos de situations dramatiques, humaines ou environnementales. Cette année, ce sont deux reportages « croisés » qui ont remporté le concours. Leur point commun ? L’Arctique et ses mutations au gré de la fonte des glaces.

Ce sont les chroniques d’une catastrophe annoncée par Yuri Kozyrev, journaliste russe qui a travaillé pour le Los Angeles Times et couvert le Printemps arabe, en Egypte et en Libye, entre autres, et Kadir van Lohuizen, Néerlandais spécialisé dans l’élévation du niveau de la mer, l’industrie du diamant et les conflits en Afrique.

Yuri Kozyrev a notamment accompagné les Nénètses, le dernier peuple nomade de la région, dans leur transhumance, malheureusement stoppée par la fonte du permafrost. Une première dans leur histoire ! Il a aussi rencontré les populations tombées malades par l’exploitation du nickel à Norilsk, et s’est rendu sur la première centrale nucléaire flottante actuellement en construction à Mourmansk.

Péninsule de Yamal, avril 2018. Les Nénètses rassemblent les rennes durant la migration. Depuis des siècles, les gardiens de troupeaux de rennes nénètses migrent vers des pâturages d’été situés sur la péninsule de Yamal, puis retournent dans le sud en hiver. Leur longue marche annuelle de presque 650 km les conduit au nord de la péninsule de Yamal et vers les côtes arctiques.
Péninsule de Yamal, avril 2018. Les Nénètses rassemblent les rennes durant la migration. Depuis des siècles, les gardiens de troupeaux de rennes nénètses migrent vers des pâturages d’été situés sur la péninsule de Yamal, puis retournent dans le sud en hiver. Leur longue marche annuelle de presque 650 km les conduit au nord de la péninsule de Yamal et vers les côtes arctiques.YURI KOZYREV / NOOR POUR LA FONDATION CARMIGNAC

Kadir van Lohuizen a quant à lui emprunté le passage du Nord- Ouest, devenu la route la plus courte entre l’Europe et l’Asie avec la fonte des glaces. Au Groenland, il a rencontré des scientifiques ayant découvert que des rivières gelées poussaient la calotte glaciaire de 15 cm par jour vers l’océan, contribuant directement à la montée des eaux. Il s’est également rendu dans un village au nord de l’Alaska qui est amené à disparaitre sous les eaux d’ici 2025.

Chasseur partant traquer des baleines boréales. La communauté autochtone de Point Hope a le droit d’attraper 10 baleines boréales par an. Arctique, Alaska, Point Hope, mai 2018, Kadir van Lohuizen / NOOR pour la Fondation Carmignac

En tout, ils auront parcouru 15 000 kilomètres, constatant chaque jour un peu plus l’ampleur des dégâts, irréversibles, subis par l’Arctique. Une traversée que l’on peut revivre le temps d’une exposition, à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris.

Arctique : Nouvelle Frontière – Une double exposition polaire jusqu’au 9 décembre à la Cité des sciences et de l’industrie, 30 avenue Corentin Cariou (Paris 19).

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