Mémorial de Caen. 30 photographies pour 30 ans d’histoire

Exposition exceptionnelle à partir du samedi 2 juin au Mémorial de Caen. Pour ses 30 ans, le musée présente l’histoire des 30 dernières années à travers 30 photographies. Des images primées chaque année par le World Press photo, qui décerne le prix de photographies le plus prestigieux du monde. Entretien avec le directeur de cette fondation, Lars Boering.

Quelles sont les missions de la fondation World Press Photo ?

Lars Boering. Notre raison d’exister est de connecter le monde aux histoires qui comptent. Nous sommes une plateforme mondiale qui rapproche des professionnels et des publics divers par le biais d’un journalisme visuel et de récits sérieux. En 1955, un groupe de photographes néerlandais a organisé un concours pour faire connaître leurs travaux auprès d’un public international. Depuis, le concours s’est développé et décerne le prix de photographie le plus prestigieux du monde. Nous encourageons des interprétations diverses du monde, présentant des récits sous différents angles. Nous exposons ces récits auprès d’un public international, nous informons la profession et le public sur leurs réalisations et encourageons un débat sur leur signification. La Fondation World Press Photo est une organisation à but non lucratif indépendante basée à Amsterdam.

World Press Photo 1990. Charlie Cole (USA). Un manifestant affronte une colonne de chars de l’armée chinoise à Pékin. L’image est devenue le symbole des manifestations de la place Tian’anmen. | Charlie Cole


Pourquoi est-il si important de défendre le photojournalisme aujourd’hui ?

Le photojournalisme est bel et bien vivant, avec un excellent travail et des histoires qui sortent tout le temps. Le modèle économique de la presse a changé et a, bien sûr, un impact sur le photojournalisme mais sa pratique continue de se développer. Il faut continuer d’en assurer la promotion.

Dans le concours, nous faisons très attention à la véracité des informations présentées dans les reportages. Depuis 2015, nous avons un processus de vérification avec des analystes indépendants pour examiner les fichiers numériques et vérifier les faits. Pour que le public mondial puisse apprécier le photojournalisme visuel et découvrir des informations fiables. Faire confiance à ce que vous voyez et lisez est quelque chose qui est à la fois menacé et de plus en plus important.

World Press Photo 1994. Larry Towel (Canada). Dans la bande de Gaza, des jeunes garçons palestiniens brandissent des pistolets-jouets dans un geste de défiance. | Larry Towel


Comment cette profession a-t-elle évolué au cours des 30 dernières années ?

Les 30 dernières années ont vu des changements spectaculaires dans la couverture des conflits résultant d’une série de transformations dans les médias et la technologie. La chute du mur de Berlin a été rapidement suivie par la numérisation de l’image. Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ont été eux-mêmes un événement d’image qui a précipité la longue guerre en Afghanistan et l’invasion de l’Irak. Tous ces conflits contemporains ont vu la montée en puissance de la force de frappe des médias sociaux. Au milieu de ces bouleversements, le rôle et l’impact du photographe sont en train de changer, d’autant plus que le reportage visuel d’aujourd’hui est produit par des non-professionnels utilisant des smartphones. La profession de photojournaliste est devenue plus difficile avec les bouleversements dans le secteur des médias. D’où l’importance de World Press Photo.

World Press Photo 2008. Tim Hetherington (Royaume-Uni). En Afghanistan, Brandon Olson, du 503e Régiment d’infanterie des États-Unis, dans le bunker Restrepo, à la fin d’une journée de combats. | Tim Hetherington


À Caen, l’exposition est installée dans un musée d’histoire. Est-ce important pour World Press Photo ?

Nos expositions sont présentées dans de nombreux endroits du monde, des parcs publics aux centres commerciaux en passant par les meilleurs musées. Nous voulons communiquer avec le public, où qu’il se trouve. À Caen, l’exposition est un événement du 30 e anniversaire du Mémorial. C’est pourquoi nous présentons les 30 photos des 30 dernières années. Cette exposition montre les changements dans le monde et le photojournalisme pendant cette période. Nous possédons un fonds très riche de documents photographiques. Il est important que nous en profitions pour les présenter à de nouveaux publics dans de nouveaux endroits.

Wolrd Press Photo 2014. John Stanmeyer (USA). Sur les rives de Djibouti, des migrants africains lèvent leur téléphone pour capter un signal bon marché de la Somalie voisine. | John Stanmeyer

Jusqu’au 15 septembre, exposition « 30 ans en 30 photos » au Mémorial de Caen. L’accès à l’exposition est compris dans le billet d’entrée du Mémorial, billet 5 € pour accéder uniquement à l’exposition.

Les 30 photos sont aussi à découvrir dans  Le Mémorial de Caen, 30 ans au service de la paix, un hors-série Ouest-France en vente actuellement en Normandie.

Propos receuillis par Jean-Christophe Lalay pour Ouest France

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