La Grande Expo Sebastião Salgado – Parfum de Rêve

Après les grandes expositions des photographes Elliott Erwitt, Gianni Berengo Gardin, Sabine Weiss, …, le Salon de la Photo célèbre ses dix ans avec deux expositions mettant en valeur l’une des grandes figures de la photographie contemporaine, Sebastião Salgado.
Ses images puissantes en noir et blanc ont conquis depuis les années soixante-dix un public international. Ses expositions comme La main de l’homme, Exodes et plus récemment Genesis, ont fait le tour du monde.

Cette exposition, inédite en France, est présentée en exclusivité au Salon de la Photo. A l’initiative du producteur de café illy, qui soutient le commerce équitable, Salgado a répertorié, depuis 2002, des plantations de café sur trois continents. Il y a photographié les travailleurs qui sont à la base de la chaîne du café.

Dans ce récit photographique Salgado nous plonge dans un monde méconnu et fascinant. Un travail de longue haleine, comme tous ses grands projets photographiques, montrant le profond désir de communiquer sa passion pour la relation entre l’Homme et la Nature.

Village de Mengnai, district de Baoshan, province de Yunnan, Chine, 2012. © Sebastião Salgado / Amazonas images Reproduction autorisée pour l’illustration de l’exposition « Parfum de Rêve » / « Scent of a Dream »

“Mes plus anciens souvenirs sont liés au café. Enfant, je vivais à Aimorés dans l’état brésilien de Minas Gerais
et j’accompagnais souvent mon père dans son camion pour aller chercher les grains de café à traiter. Naturellement j’ai fini par comprendre les différentes étapes de la transformation des cerises du caféier – ou baies – en tasse de café. Très vite j’aidais mon père à l’exploitation où des machines séparaient l’enveloppe extérieure du grain lui-même. J’étais souvent chargé de faire sécher les grains et de coudre les sacs de jute dans lesquels ils étaient transportés à Vitória pour l’exportation.
Des années plus tard, après m’être installé à Paris avec mon épouse Lélia Wanick Salgado pour poursuivre mes études d’économie, j’ai choisi de rédiger ma thèse de doctorat sur la production et la demande de café dans
le monde. Avant d’achever mon cursus, je suis entré comme économiste à l’Organisation internationale du Café (OIC) à Londres, un travail qui m’amena à visiter les différentes régions de café du Rwanda, du Burundi, du Congo et de l’Ouganda. C’est à cette époque, qu’avec un appareil photo emprunté à mon épouse, j’ai  commencé à prendre mes premières images. La photographie allait se révéler plus forte que le café ! En 1973, j’ai quitté l’OIC pour une nouvelle carrière…

Le café n’a pas pour autant disparu de ma vie. Près de trois décennies plus tard, Andrea Illy et sa sœur Anna visitèrent Instituto Terra, le projet que Lélia et moi avons mis sur pied pour la reforestation des terres arides et érodées de l’ancien domaine familial d’Aimorés à partir d’espèces endémiques de la forêt atlantique. Avec son engagement en faveur de l’environnement et du commerce équitable, la famille Illy encourage la reforestation en promouvant la culture du caféier d’ombre, qui est moins acide et généralement de meilleure qualité. Mon contact avec cette famille a donné naissance à cette exposition et le livre qui l’accompagne. C’est mon souhait que les images qui sont le résultat de ce projet traduisent mon plaisir de retourner au monde du café, un monde qui généralement réside dans un isolement silencieux dans des régions écartées des pays en développement.

Sélection de café de haute qualité pour l’exportation. Usine de déparchage du café Allana, Etat de Karnataka, Inde, 2003. © Sebastião Salgado / Amazonas images Reproduction autorisée pour l’illustration de l’exposition « Parfum de Rêve » / « Scent of a Dream »

Pour les petits fermiers et les travailleurs journaliers que j’ai recherchés dans dix pays, de l’Amérique Latine en passant par l’Afrique et l’Asie, leurs moyens de subsistance sont définis par le café. Ce sont les hommes, les femmes et les enfants qui cultivent, récoltent, sèchent et sélectionnent les grains de café. Pour les buveurs de café à Venise et au-delà, ils existent à peine, mais il ne faut jamais oublier que les grains dans chaque tasse de café ont été touchés par les mains de l’homme.”

En parallèle, quarante oeuvres issues des Collections de la Maison Européenne de la Photographie allant d’Autres Amériques (1985) jusqu’à Exodes (2000), témoignant de l’évolution du travail de Sebastião Salgado et de ses préoccupations constantes, seront présentées. Le Salon de la Photo invite ainsi ses visiteurs à suivre le
magnifique parcours d’un artiste engagé dans les grands défis du monde d’aujourd’hui et qui a toujours su nous surprendre et nous faire rêver.

La Maison Européenne de la Photo possède plus de 350 œuvres photographiques du photographe, soit la plus grande collection en Europe.

Le salon de la photo du jeudi 9 au lundi 13 novembre, au Parc des expositions de la Porte de Versailles.
https://www.lesalondelaphoto.com/

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